Un écran pliable coûte plus cher à fabriquer qu’une dalle rigide classique, la charnière ajoute un mécanisme de précision propre aux pliants, et les volumes de vente restent trop faibles pour amortir ces coûts. Résultat dans le catalogue : de 999 € pour le Motorola Razr 70 à plus de 3 800 € pour l’iPhone Duo.

Un écran flexible, plus coûteux à produire qu’une dalle rigide

Une dalle OLED pliable n’est pas une simple variante d’un écran classique : sa surface n’est pas une vitre rigide, mais un verre ultrafin assez souple pour se plier, doublé d’une couche de protection posée en usine. Un assemblage conçu pour encaisser des centaines de milliers de pliages : Bureau Veritas a vérifié que l’écran du Galaxy Z Fold7 restait fonctionnel après 500 000 pliages, quand la référence du secteur est de 200 000. Selon un rapport de Display Supply Chain Consultants (DSCC), cabinet spécialisé dans le coût des dalles, publié en janvier 2019 au moment du premier Galaxy Fold, le rendement de fabrication (la part de dalles utilisables en sortie de chaîne) est plus faible sur ce produit difficile, et les lignes de dalles flexibles tournent en sous-capacité : les coûts fixes amortis en deviennent très élevés.

À ce surcoût s’ajoute la taille. Selon l’analyste Jene Park, de Counterpoint Research, citée par Presse-citron, les smartphones pliants ont généralement un écran supplémentaire et, pour l’écran principal, « sa taille est 1,2 à 1,5 fois plus grande qu’un écran standard ». Deux dalles à produire au lieu d’une, donc, dont une plus grande.

Un chiffre non confirmé illustre l’ampleur de ce poste : selon le leaker Instant Digital, relayé par AppleInsider puis par iGeneration, Samsung Display facturerait environ 250 dollars par dalle pliable livrée à Apple pour l’iPhone Duo, rien que pour l’écran intérieur de 7,6 pouces, l’écran extérieur de 5,4 pouces étant facturé à part. iGeneration calcule que cette seule pièce représenterait plus d’un huitième du prix de vente de base de l’appareil aux États-Unis. Ni Samsung ni Apple n’ont confirmé ce montant.

La charnière, un second poste de coût propre au pliant

Au coût de l’écran s’ajoute celui de la charnière, une pièce mécanique de précision qui n’existe pas sur un smartphone classique. Elle doit maintenir les deux moitiés de l’appareil alignées sur les centaines de milliers de pliages annoncés par les constructeurs. Selon Presse-citron, les fabricants continuent d’investir dans son perfectionnement d’une génération à l’autre, un poste de recherche et développement qui pèse à son tour sur le prix final, en plus de celui de l’écran.

Un marché encore trop restreint pour faire baisser les prix

Un troisième facteur limite la baisse des prix : le volume. Selon un rapport de Counterpoint Research daté du 17 mars 2026, les smartphones pliants ne représentaient que 1,6 % de l’ensemble du marché mondial du smartphone en 2025, une catégorie de niche comparée aux modèles classiques vendus à bien plus grande échelle. Même le premier constructeur du secteur reste loin d’un volume de masse : selon les prévisions de Counterpoint publiées en juillet 2026, Samsung, leader mondial des pliants, verrait sa part reculer de 40 % à 32 % en 2026 avec l’arrivée de l’iPhone Duo, sans qu’aucune marque ne s’approche des volumes d’un smartphone classique. Ces faibles quantités rendent plus difficile l’amortissement des investissements consacrés à l’écran et à la charnière, un point que détaille notre analyse du marché des pliants en 2026.

Ce que ça donne dans le catalogue : de 999 € à plus de 3 800 €

Modèle Prix de lancement en France Format
Motorola Razr 70 999 € (8/256 Go) Clapet
Honor Magic V6 2 299,90 € (16/512 Go) Livre
Samsung Galaxy Z Fold8 Ultra de 2 199 € à 2 799 € Livre
Apple iPhone Duo de 2 339 € à 3 839 € Livre

L’écart tient autant au format qu’à la fiche technique. Un clapet comme le Motorola Razr 70 a bien un écran extérieur, mais de 3,63 pouces seulement, et une puce de milieu de gamme ; les modèles au format livre embarquent un écran extérieur de 5,4 à 6,6 pouces selon le modèle, un écran intérieur plus grand et, souvent, une puce haut de gamme. Le prix ne dépend donc pas que de la marque : il reflète aussi le nombre de pièces coûteuses embarquées.

Les prix vont-ils finir par baisser ?

Rien ne l’indique à court terme. Selon Presse-citron, les baisses de prix sont souvent motivées par une concurrence accrue, un mécanisme qui joue peu tant que chaque fabricant reste sur ses propres volumes réduits. L’arrivée de l’iPhone Duo pourrait changer la donne à terme : Counterpoint lui prête déjà 25 % du marché mondial des pliants dès sa première année, de quoi faire grossir l’ensemble du segment. Mais un volume plus élevé pour le marché ne se traduit pas mécaniquement, ni immédiatement, par des étiquettes plus basses chez chaque fabricant.

Ce qu’il faut retenir pour choisir

À retenir : le prix d’un smartphone pliant reflète surtout le coût de fabrication de son écran flexible et de sa charnière, pas seulement le format ou la marque. Avant d’acheter, mieux vaut comparer le prix de lancement réel en France plutôt qu’une remise ponctuelle, vérifier si un format clapet plus abordable répond déjà à l’usage recherché, et consulter notre guide des smartphones pliants pas chers ou, à l’autre bout de la gamme, notre sélection haut de gamme pour comparer les modèles réellement disponibles en France à budget donné.