Les derniers modèles de Samsung et de Honor annoncent 500 000 cycles d’ouverture et de fermeture pour leur charnière. En retenant l’hypothèse de 100 plis par jour, cela représente dix ans d’usage ; à 200 plis par jour, environ six ans. Mais ce chiffre ne veut pas dire la même chose selon qui l’a mesuré, et toutes les marques ne le communiquent pas.
Un seuil mesuré par des machines, pas par un usage réel
Le nombre de cycles annoncé par les constructeurs vient de tests en laboratoire : une machine ouvre et referme l’appareil en continu, dans des conditions contrôlées, jusqu’à ce que l’écran ou la charnière cesse de fonctionner correctement. Le test le plus documenté concerne l’écran pliable du Samsung Galaxy Z Fold7, le modèle qui a précédé le Z Fold8 : selon aphnetworks, Bureau Veritas, organisme français d’essais, d’inspection et de certification, l’a soumis à 500 000 pliages sur treize jours, à une température de 25 °C, et l’écran est resté pleinement fonctionnel. Samsung Display, l’entreprise distincte de Samsung qui fabrique la dalle, affichait jusque-là un repère de 200 000 pliages pour son panneau précédent : le résultat du Fold7 fait donc plus que doubler ce repère.
C’est ce même ordre de grandeur que Samsung reconduit sur la génération suivante. D’après Phonandroid, la marque annonce que la charnière Flex Titanium du Galaxy Z Fold8 supporte 500 000 plis avant de se dégrader, un résultat présenté comme comparable aux modèles précédents plutôt que comme un progrès supplémentaire.
Honor revendique le même chiffre, avec une certification tierce
Le Honor Magic V6 affiche lui aussi 500 000 cycles de pliage pour sa charnière en acier, d’après la fiche officielle d’Honor France, qui mentionne une « résistance élevée au pliage SGS » : SGS est un organisme de certification et d’inspection, comme Bureau Veritas pour Samsung. Clubic reprend ce même chiffre de 500 000 cycles dans sa présentation du modèle, sans toutefois préciser le protocole exact ni la durée du test. Les deux marques affichent donc un seuil identique, mais vérifié par deux organismes distincts et selon des protocoles qui ne sont pas détaillés de la même façon dans les sources disponibles : les deux chiffres ne sont pas forcément comparables au cycle près.
Google et Motorola restent plus vagues
Toutes les marques ne jouent pas sur ce terrain chiffré. Pour le Pixel 11 Pro Fold, Google présente son appareil redessiné comme « trois fois plus résistant » que son prédécesseur, sans communiquer de nombre de cycles, selon Notebookcheck. Le même média rapporte que l’appareil a cédé lors d’un test de résistance mené par Zack Nelson (JerryRigEverything), sans identifier la pièce exacte qui a lâché ; il situe les lignes d’antenne, points les plus faibles du châssis, juste à côté de la charnière, là où l’appareil a le plus besoin de soutien structurel.
Côté Motorola, BGR consacre un article à la durabilité du Razr Fold et constate que la marque ne met plus en avant de statistiques de pliage dans ses supports marketing pour ses appareils les plus récents ; un chiffre de 400 000 pliages avait circulé pour le Razr Ultra 2025, un modèle antérieur, mais rapporté par la presse plutôt qu’affiché dans le marketing officiel.
Ce que chaque marque communique, en un tableau
| Modèle | Chiffre de cycles communiqué | Qui l’a mesuré ou annoncé |
|---|---|---|
| Samsung Galaxy Z Fold7 | 500 000 plis (écran) | Bureau Veritas, organisme d’essais et de certification |
| Samsung Galaxy Z Fold8 | 500 000 plis (charnière Flex Titanium) | Samsung, annonce constructeur |
| Honor Magic V6 | 500 000 cycles (charnière) | Certification SGS, relayée par Honor France |
| Google Pixel 11 Pro Fold | Aucun chiffre, « trois fois plus résistant » que le prédécesseur | Google, formule sans cycle précis |
| Motorola Razr Fold | Aucun chiffre mis en avant | — (400 000 pliages pour un modèle antérieur, rapportés par la presse) |
Ce tableau ne compare donc pas des pommes avec des pommes : certains chiffres portent sur l’écran, d’autres sur la charnière, et certains n’existent simplement pas.
Ce que ce chiffre ne garantit pas
Un seuil de cycles mesuré en laboratoire n’est pas un compteur d’usure intégré à l’appareil, et rien n’indique qu’un pliant tombe en panne au cycle suivant une fois ce seuil dépassé : c’est un résultat de test sur un exemplaire neuf, dans des conditions contrôlées. Le test de Notebookcheck sur le Galaxy Z Fold8 illustre d’ailleurs que le point de fragilité au quotidien n’est pas toujours la charnière elle-même : la couche plastique posée sur l’écran intérieur reste exposée aux rayures, et la protection contre la poussière reste limitée au 4 de l’indice IP48, alors que le châssis ressort indemne d’une flexion dans le sens inverse du pliage.
Ce qu’il faut retenir pour choisir
À retenir : un chiffre de cycles annoncé par le constructeur mesure la tenue mécanique en laboratoire, pas une promesse de durée de vie. Avant d’acheter, mieux vaut regarder si la marque communique un chiffre vérifié par un tiers (Bureau Veritas, SGS) plutôt qu’une formule vague, et garder en tête que l’écran et l’indice de protection comptent autant que la charnière dans la résistance au quotidien d’un smartphone pliant au format livre ou d’un clapet. Notre page sur les smartphones pliants résistants détaille les autres critères à comparer.