Oui, et c’est surtout l’écran intérieur qui pose problème : il est recouvert d’une fine couche plastique, bien plus tendre que le verre d’un écran de smartphone classique. Sur le Samsung Galaxy Z Fold8, sorti en août 2026, les premières marques apparaissent dès le niveau 2 de l’échelle de dureté de Mohs, contre le niveau 6 pour son écran externe en verre, selon un test publié par Mac4Ever.

1. Ce que montre le test de rayures sur le Galaxy Z Fold8

Le 10 août 2026, Mac4Ever a relayé le protocole de JerryRigEverything appliqué au Samsung Galaxy Z Fold8 : une série de pics calibrés sur l’échelle de dureté de Mohs, qui va de 1 (le talc) à 10 (le diamant). Résultat, l’écran externe, protégé par du Gorilla Glass Ceramic 3, ne montre ses premières marques qu’au niveau 6, le niveau habituel d’un écran en verre. L’écran intérieur de 7,6 pouces, lui, se raye dès le niveau 2 : des clés, des pièces de monnaie ou même un ongle appuyé peuvent y laisser une trace. Le même test a aussi projeté de la poussière fine directement dans la zone de pliure : la charnière, plus large et plus plate que par le passé, a limité l’infiltration de particules, aussi bien dans son mécanisme que dans le pli lui-même.

2. Pourquoi l’écran intérieur résiste moins bien

Cette différence ne vient pas d’un défaut de fabrication : la dalle flexible de 7,6 pouces « reste recouverte d’une couche de plastique indispensable à son fonctionnement », écrit Mac4Ever. C’est cette couche plastique, plus tendre que le verre, qui reçoit les premières rayures du quotidien. Ce compromis n’est pas propre au Fold8 : déjà en février 2020, un test du même JerryRigEverything sur le tout premier Samsung Galaxy Z Flip, relayé par KultureGeek, relevait lui aussi des rayures dès le niveau 2 de la même échelle, là où un verre classique tient généralement jusqu’au niveau 5 ou 6.

Samsung présentait pourtant ce Galaxy Z Flip comme « le seul smartphone pliable qui propose le confort d’un écran en verre », tout en reconnaissant dans la foulée que « bien que l’écran se plie, il doit être manipulé avec précaution », selon les propos rapportés par KultureGeek. Six ans plus tard, le constat du Fold8 montre que cette nuance entre promesse marketing et comportement réel face à une pointe calibrée reste d’actualité, verre ultrafin ou pas.

3. Une rayure sur le film n’est pas toujours grave

Une marque visible sur l’écran intérieur ne signifie pas que la dalle est cassée, ni que le téléphone va cesser de fonctionner. Lors du même test, Mac4Ever rapporte que le capteur d’empreintes intégré au bouton latéral du Fold8 continuait de déverrouiller l’appareil même après que son écran a été fortement rayé. Le Fold8 a aussi été plié dans le mauvais sens avec une force importante : son châssis en Armor Aluminum n’a pas cédé, la charnière a tenu, et l’écran intérieur a continué de fonctionner normalement malgré ses marques. Une rayure superficielle sur le film et une casse structurelle de la dalle restent donc deux problèmes très différents. L’essai a enfin exposé les deux écrans à une flamme directe : des traces permanentes sont apparues après environ 7 secondes sur l’écran intérieur, contre une dizaine de secondes sur l’écran externe avant que certains pixels ne virent définitivement au noir et au vert. Un cas extrême qui n’arrive pas en usage normal, mais qui montre que le film protège surtout de l’abrasion légère, pas de toute agression.

4. Les gestes qui limitent vraiment les rayures

Sans aller jusqu’à l’essai au couteau, quelques habitudes simples évitent l’essentiel des marques constatées en usage courant :

  • Ne pas ranger le téléphone dans la même poche que des clés ou des pièces de monnaie.
  • Éviter d’appuyer sur l’écran avec un ongle ou un objet pointu, plus durs que la couche plastique qui le recouvre.
  • Préférer un étui refermé plutôt qu’une poche de sac en vrac, pour limiter les frottements répétés.
  • Ne jamais retirer le film posé en usine : notre article sur la protection de l’écran intérieur détaille pourquoi ce geste, loin de protéger l’écran, risque au contraire de l’endommager de façon irréversible.

Ce qu’il faut retenir

  • Oui, l’écran intérieur d’un smartphone pliant se raye plus facilement qu’un écran classique : niveau 2 sur l’échelle de Mohs, contre un niveau 5 ou 6 habituel pour du verre, confirmé sur le Galaxy Z Fold8 comme sur le tout premier Galaxy Z Flip en 2020.
  • L’écran externe, en verre comme sur un smartphone pliant résistant bien construit, résiste beaucoup mieux : niveau 6 sur le Fold8.
  • La couche qui se raye en premier est la couche plastique qui recouvre la dalle ; une marque visible n’empêche généralement pas le téléphone de fonctionner.
  • Les gestes les plus utiles restent simples : pas de clés ni de pièces dans la même poche, pas d’ongle appuyé sur l’écran, et jamais de retrait du film d’origine.

Reste à voir si les prochaines générations de verre ultrafin parviendront à mieux résister aux rayures sans perdre en souplesse.