Pas totalement : seuls quatre pliants du catalogue (Honor Magic V6, iPhone Duo, Pixel 11 Pro Fold, Pixel 10 Pro Fold) visent l’étanchéité complète à la poussière avec un indice IP68 ou IP69. Les dix Galaxy Z et Motorola Razr du catalogue se contentent d’un IP48, qui ne bloque que les corps solides de plus d’1 mm : le sable fin passe, et Samsung recommande lui-même d’éviter le sable et la poussière avec ses pliants.

Faux : tous les smartphones pliants protègent pareil contre la poussière

Le niveau de protection varie fortement selon le modèle. Dans le catalogue, le Honor Magic V6 est seul à cumuler IP68 et IP69, soit l’étanchéité totale à la poussière plus les jets d’eau chaude sous pression. L’iPhone Duo, le Pixel 11 Pro Fold et le Pixel 10 Pro Fold se classent en IP68 simple. Le Huawei Mate X7 et le Honor Magic V5 affichent IP58 et IP59, un cran en dessous. Les six Galaxy Z Fold et Flip de Samsung ainsi que les Motorola Razr 60 Ultra, 70, 70 Plus et 70 Ultra restent en IP48, le Razr Fold y ajoutant un IP49 côté eau. Le Huawei Mate XT Ultimate Design et le Xiaomi Mix Flip, eux, n’affichent aucune certification IP. Notre guide des smartphones pliants résistants détaille ces indices modèle par modèle.

Vrai : le chiffre 4 d’un indice IP48 ne bloque pas le sable fin

Le premier chiffre d’un indice IP mesure la protection contre les corps solides, de 0 à 6. Selon Clubic, la certification IP48 garantit une bonne résistance à l’eau, mais son premier chiffre, 4, ne bloque que les particules de plus d’un millimètre : la poussière fine passe sans difficulté. Notre décryptage des indices IP68, IP48 et IP69 explique la lecture complète des deux chiffres.

Vrai : le sable de plage est plus fin que ce que bloque un IP48

D’après Clubic, le sable de plage standard contient des grains d’environ 0,16 mm de diamètre, bien en dessous du seuil d’1 mm couvert par la certification IP48. Lors du démontage du Galaxy Z Fold8 par iFixit, c’est une poudre UV-réactive aux particules d’environ 0,04 mm qui a été introduite dans la charnière, rapporte Clubic : après plusieurs ouvertures et fermetures, celle-ci a produit des bruits de grincement et de craquement, et le téléphone a cessé de s’ouvrir normalement. Mac4Ever note de son côté que la charnière du Fold8 a été retravaillée pour mieux limiter les infiltrations de corps étrangers ; son indice reste pourtant IP48.

Vrai : Samsung recommande lui-même d’éviter le sable et la poussière

Selon Clubic, Samsung « recommande de tenir l’appareil à l’écart du sable et des poussières », une précaution qui rejoint les constats du démontage mené par iFixit sur le Galaxy Z Fold8. La charnière reste le point sensible d’un pliant : un sable fin qui s’y glisse peut rayer l’écran intérieur ou gêner le mécanisme.

Faux : un indice IP68 met un smartphone pliant totalement à l’abri du sable

Même sur un modèle étanche à la poussière, le sable reste un risque mécanique distinct de l’étanchéité. Selon Selectra, ses grains « se logent dans les ports de connexion » et peuvent empêcher les joints de se refermer correctement, quel que soit l’indice IP affiché. Apple recommande, pour l’iPhone, d’essuyer un appareil couvert de poussière avec un chiffon doux non pelucheux plutôt que d’utiliser des produits nettoyants ou de l’air comprimé, et rappelle que cette résistance « n’est pas permanente et peut diminuer au fil du temps » dans le cadre d’une utilisation normale.

Plutôt vrai : la garantie ne couvre pas un grain de sable coincé dans la charnière

Un indice IP, même élevé, fixe une résistance mesurée en laboratoire, pas une garantie contre tout incident. Un pliant en IP48 exposé au sable malgré les mises en garde du fabricant, ou un modèle dont la résistance à la poussière s’est dégradée avec l’usure, correspond à une utilisation que les conditions de garantie du constructeur peuvent exclure. Mieux vaut vérifier la fiche technique et les préconisations du fabricant avant d’exposer son pliant à un environnement sablonneux ou poussiéreux, plutôt que de se fier au seul sigle affiché sur la boîte.

Un passage à la plage ou sur un chantier reste donc le pire scénario pour la charnière d’un pliant, IP68 ou non. Le réflexe le plus simple : secouer le téléphone et éviter de l’ouvrir tant qu’il reste du sable visible autour de la charnière, plutôt que de compter sur l’indice de protection pour absorber le problème.